La Galice doit son nom aux anciens Gallaeci, des peuples indo-européens ayant des origines celtes implanté dans cette région (jusqu'au fleuve Douro) vers le Vème siècle avant J-C. Ce sont les mêmes Celtes qui auraient peuplé la Bretagne et la Galice. Les dolmens, qui sont des monuments funéraires de la période néolithique, abondent dans toute la région. Les pétroglyphes, ou gravures rupestres, sont de l’âge de Bronze (les symboles celtes sont à la mode dans les bijoux d'aujourd'hui). La culture des castros (villages fortifiés) s’est développée à partir de l’âge du Bronze, a connu son apogée à l’âge de Fer et se poursuit sous la domination romaine, c’est-à-dire tout un millénaire. Les plus grands, et les mieux taillés, sont ceux de Baroña (A Coruña), dans la péninsule de Santa Tegra, qui s’avance de manière spectaculaire dans l’océan, à l’embouchure de la rivière Miño, et ceux de Viladonga, à Castro de Rei, province de Lugo.
Depuis le temps des dolmens jusqu’à l’âge roman et baroque, la pierre est le matériau totem de la Galice. On la retrouve dans tous les bâtiments des cités et jusque dans les rues pavées en dalles de granit, typique des villes galiciennes. Le granit galicien garnit les façades du Parlement Européen de Strasbourg, du Conseil des Ministres de Bruxelles, et des Hôtels de Ville de Tokyo et d’A Coruña.
Contrairement à d'autres régions, Rome a investit la Galice en profondeur. Elle a laissé en héritage le Droit Canonique, la langue galicienne, de nombreux édifices, des routes, des ponts, des remparts, des thermes, des phares, etc…
Le caractère celte de la Galice se retrouve aussi dans l’identité culturelle de l’Irlande, de l’Écosse, du le pays de Galles, des Cornouailles, de la Bretagne et d'autres. Tous ces peuples ont une tradition orale commune de légendes, de magie, de mystères, d’enchantements, d’êtres fantastiques, depuis la Santa Compaña jusqu’à San Andrés de Teixido, le sanctuaire consacré par d’anciennes légendes et cultes animistes "qu’il faut visiter quand on est vivant, sous peine d’y aller une fois mort, transformé en animal, ou pire, en reptile".
Au XVème siècle, les bourgeois et les paysans s'unissent contre les seigneurs féodaux et prennent d’assaut leurs châteaux. C'est la révolte des Irmandiños. Les Rois Catholiques garantissent le patrimoine des seigneurs, mais leur retirent le contrôle de la justice et neutralisent leurs forteresses. Visitez les châteaux, qui sont toujours debout, ou en ruines. Au Moyen Age, Saint-Jacques-de-Compostelle devient l’un des plus importants centres culturels d’Europe. Le somptueux héritage de l’architecture et de la sculpture romane date de cette époque.
Au XVIIème siècle l’introduction du maïs et de la patate douce en provenance d’Amérique, donne un coup de fouet la croissance de la population. Les terres appartiennent à l'église et aux nobles et sont louées aux paysans. Au XVIIIème siècle le commerce maritime s’intensifient, l’industrie textile s'envole et la salaison du poisson est en plein essor, et le premier haut fourneau du pays est inauguré à Cervo (Lugo). C'est le début de la Révolution Industrielle en Espagne.
La longue période obscure qui suivit, appelée les Siglos Oscuros (les Siècles sombres), dure jusqu'à l'instauration de la démocratie en 1975. La Galice poursuivit son déclin au XIXème siècle et demeura coupée du reste de l'Espagne. Une économie sous-développée et exclusivement agricole, de trop petites exploitations, une densité de population élevée et une absence de communications et d'échanges commerciaux avec l’extérieur ont abouti à une émigration massive de Galiciens aux XIXème et XXème siècles. C'est un exode de la campagne vers la ville et les zones industrielles, puis vers l'extérieur du pays. Cuba, le Brésil, le Venezuela et l'Argentine ont été les principales destinations des émigrants Galiciens, à tel point que tous les blonds à peau claire sont encore appelés gallego (galicien), aujourd'hui au Brésil. D'ailleurs, presque toute l'Amérique latine, appelle Galiciens, tous ceux qui viennent d'Espagne.
La Galice fait partie des trois communautés historiques, créées par la Constitution espagnole en 1978. Son Statut d’autonomie, datent de 1981, et établit deux langues officielles, le galicien et le castillan.